L’art, …de la contradiction

Un Parlement godillot vient de confirmer que les œuvres d’art ne rentreraient pas dans l’assiette fiscale relative à la taxation du patrimoine, sans que cela ne provoque d’ailleurs beaucoup de critiques du côté de la Gauche.

Il est vrai que c’est Laurent Fabius qui était à l’origine de cette niche, de la même façon que Jack Lang avait appliqué une TVA réduite sur les livres et les disques au nom d’une certaine exception culturelle française. C’est sûr, la France est le pays des exceptions.

Tout ceci illustre les collusions qui existent au sein de l’UMPS, les uns défendant les riches, les autres défendant le monde de l’Art.

Que l’on explique cette niche par la crainte de voir partir les œuvres à l’étranger, voilà qui est singulier alors que les capitaux s’exilent encore plus facilement vers la Suisse et autres paradis fiscaux.

Pourtant, l’argent consacré à l’Art, c’est bien l’illustration de l’argent facile possédé par une certaine élite, elle même suffisamment mondialiste pour ne pas avoir d’état d’âme face à  l’exportation des œuvres. Crie t-on au loup quand le patron d’une entreprise de luxe crée à Venise plutôt qu’en France sa fondation, où il présente ses collections personnelles ? S’insurge t-on quand des artistes français eux-mêmes (Louise Bourgeois, Arman,…) s’expatrient à New York pour créer là où est le marché le plus attractif ? Les technocrates du Ministère de la Culture sortent-ils des mêmes écoles que ceux de Bercy !

Quant aux œuvres qui sont dans les caves des marchands d’Art (attendant patiemment que l’artiste meure pour voir sa côte grimper), ou sur  les murs de collectionneurs privés, elles ne profitent pas à l’ensemble de la société française, contrairement à celles qui pourraient être hébergées dans des musées. Il s’agit d’une forme de spéculation, de loto pour riches, où ceux qui ne savent plus quoi faire de leur richesse acquièrent pour des prix pharaoniques des œuvres dont certains experts décident qu’il s’agit d’Art.

Est-on en présence d’une œuvre devant un veau coupé en deux dans un aquarium de formol, ou devant des boites en fer blanc contenant les excréments de l’artiste.

Evidemment, on objectera avec bon sens qu’il est difficile d’estimer une œuvre, pour la taxer sous forme de patrimoine. Mais ces œuvres ne sont-elles pas assurées pour un certain montant ? Et n’en est-il pas de même pour les biens immobiliers dont la valeur fluctue en fonction du marché.

C’est en fait le principe de l’ISF qui est à revoir, le patrimoine devant être taxé au titre de sa plus-value, au moment de sa valorisation, c’est-à-dire de sa vente.

Et surtout, la question qui se pose est la suivante :
si l’Art ne participe pas au financement de la société française, est-il cohérent que la société française participe au financement de l’Art. Les millions payés par le Ministre de la Culture pour l’installation de Boltanski à la biennale de Venise, installation consistant en un vaste échafaudage de chantier, constituent-ils une bonne utilisation des deniers publics en ces temps de pénurie budgétaire ?