Retraite Réformette Retraite Réformette Retraite Réformette (à chanter sur l’air des lampions)

Pourquoi tant de cris d’oiseaux à l’Assemblée Nationale ? Pourquoi tant de monde dans les rues ? Pourquoi autant de débats télévisés sur le sujet ?

Certes, une réforme des retraites est indispensable, mais ce que propose le Gouvernement, ce n’est qu’une réformette qui consiste à faire glisser modestement les curseurs qui servent à paramétrer le fonctionnement d’un système inamovible. La vraie réforme reste à faire !

 Peut-être faut-il commencer par rappeler que le système de Sécurité Sociale Français a été construit au sortir de la seconde guerre mondiale. Il a remplit son office dans une France à reconstruire, mais ce n’est quand même pas une Vache Sacrée indéboulonnable.

Peut-on maintenir ce qu’on appelle avec fatuité « Notre Modèle Social », alors qu’un modèle a vocation à inspirer, à être imité. Qui dans le monde, copie notre système, en dehors de quelques pays d’Afrique qui y voient surtout l’occasion d’envoyer leurs cadres et dirigeants faire la nouba à St Etienne (ville qui héberge l’école de formation des cadres supérieurs de la Sécurité Sociale) ?

Mamie Sécu, vieille dame de plus de 62 ans ne doit-elle pas être mise en retraite d’office, pour passer à autre chose, ou doit-elle rester cette colossale machine à creuser les déficits publics, qu’on maintient sous perfusion, faute de courage politique ?

Le Monde a changé, et ce qui était un bienfait pour les français de 1945 ne l’est plus à l’heure du tsunami migratoire, des délocalisations massives et de la concurrence sino-indienne.

 Pour en revenir aux retraites, les raisons qui justifient une vraie réforme sont à la fois démographiques et financières. Il y a donc lieu de rechercher des solutions dans ces deux directions. Il y a surtout lieu à investir dans du brain storming, quitte à susciter des idées farfelues pour faire ensuite le tri, après sensibilisation du Peuple Français, qui hélas parle au travers de représentants qui bien souvent ne représentent qu’eux-mêmes : les syndicats.

 Les partenaires sociaux se présentent habituellement comme les gestionnaires de la Sécurité Sociale, car historiquement cette Institution est organisée sur la base de régimes professionnels. Piètres gestionnaires en fait, qui depuis des décennies n’ont pas su assurer l’équilibre du système, et qui se retournent vers l’Etat lorsqu’il s’agit de prendre des décisions difficiles, tout en le critiquant pour les décisions prises.

Gouvernements pusillanimes qui affichent le maintien de cette soit-disant gestion paritaire, en laissant quelques os à ronger à des partenaires sociaux plus coutumiers à affirmer leur prestige de Président ou Vice-président de Caisse de Sécurité Sociale qu’efficaces en matière de solutions pérennes.

Ce double immobilisme prouve la nécessité de reconstruire sur de nouvelles bases.

 Alors Marianne, prête pour envisager quelques hypothèses de travail innovantes ?

De l’argent, il y en a. Il suffit de redéployer les milliards que l’on met sur les miséreux et nécessiteux du tiers-monde (qui restent chez eux ou qui nous envahissent) et voilà 100Mds de plus pour les retraités.

 Puisque les actifs financent les retraites des inactifs, remplaçons les cotisations sur les seuls salaires français  par de la TVA sociale : les Clio, qu’elles soient construites en France ou en Turquie, rapporteront autant.

Remplaçons progressivement le système de régimes professionnels par un système national unique, le même pour tous, que chaque travailleur, quel que soit son statut approvisionnerait tout au long de son parcours professionnel, et il n’y aurait plus d’inégalité de traitement entre les actifs ; les décisions difficiles seraient comprises par tous.

La pénibilité ne fait pas partie de la réforme des retraites

A l’heure où l’actualité fait ses choux-gras de la réforme des retraites, il est assez navrant de voir les politiciens et les médias débattre à l’envie de la question de la pénibilité.

Celle-ci doit-elle être un élément à retenir pour fixer l’âge de départ en retraite ?

 La pauvreté des arguments échangés montre que, soit les débatteurs ne possèdent pas leur sujet, soit manquent de courage, notamment à droite.

 En effet, il faut rappeler que la pénibilité est déjà prise en charge par les systèmes d’indemnisation au titre de l’invalidité. Une personne qui serait usée par sa vie professionnelle, voire d’autres circonstances (accident, séquelles de maladie physique ou psychique) peut en effet espérer être indemnisée en attendant de pouvoir demander à bénéficier de sa pension de retraite, lorsqu’elle atteint l’âge légal.

 Certains pourront dire « dès lors qu’on l’indemnise au titre de l’invalidité, pourquoi ne pas la mettre directement en retraite ? » Et bien tout simplement parce que le système d’invalidité corrige a posteriori une situation d’invalidité avérée, alors que la pénibilité incluse au système de retraite en fait un a priori, qui bénéficierait à tout le monde, même ceux que la vie professionnelle n’a pas usé.

 Prenons l’exemple d’un ouvrier qui empilerait des parpaings : selon qu’il sera bâti comme David Douillet ou Kate Moss, la pénibilité sera avéré pour l’un et pas pour l’autre. On ne pourra donc pas relier la pénibilité au métier lui-même mais à la personne.

 Or intégrer cette dimension individuelle amènerait l’employeur à ne plus embaucher des personnes considérées comme potentiellement fragiles, ce qui constituerait une nouvelle source de discrimination sur l’aspect physique.

 Par ailleurs, cet ouvrier ne va sans doute pas empiler des parpaings toute sa vie. Il changera de métier, voire d’employeur. Comment intégrer les années ouvrant droit à « l’avantage pénibilité » en cas de carrière évolutive ou discontinue ?

 Et enfin, l’effort physique doit-il seul ouvrir cet « avantage pénibilité » : si on se tourne vers les salariés de FRANCE-TELECOM, sans doute qu’un grand nombre d’entre eux qualifieraient leur travail de pénible, puisque poussant au suicide.

 S’il y a un moyen pragmatique de prendre en considération la pénibilité, c’est donc toujours a posteriori et pour des cas avérés. Ceci pourrait par contre ouvrir la réflexion d’un rapprochement avec les systèmes d’indemnisation des Accidents du Travail, où les entreprises supportent des cotisations plus ou moins fortes en fonction des mesures de prévention qu’elles prennent pour éviter ces mêmes accidents.

 Sans doute faut-il en effet réfléchir à des conditions financières qui incitent les entreprises à mettre en œuvre des mesures qui réduisent ou suppriment la pénibilité, car c’est là que doit être l’objectif futur, d’autant plus qu’en parallèle on veut garder les seniors dans les postes de travail.

La pénibilité doit alors être financée par une cotisation uniquement « patronale, et suffisamment dissuasive pour inciter les entreprises à faciliter les conditions de travail, alors qu’intégrée à la réforme des retraites, la charge de la pénibilité serait répartie, du fait de la cotisation salariale, sur tous les salariés.

 Et la réforme des retraites vise à construire le système applicable pour le futur : y intégrer les conditions du passé serait alors une erreur.